La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

Festival Frye — Lancement de Autoportrait

Posté le 04/05/2015

Logo du Festival FryeLogo du Festival Frye

Herménégilde Chiasson etGisèle Ouellette lors du lancement d'Autoportrait à La Grande Ourse à Moncton. Photo CF.Herménégilde Chiasson etGisèle Ouellette lors du lancement d'Autoportrait à La Grande Ourse à Moncton. Photo CF.Plusieurs événements d’importance se sont déroulés lors du Festival Frye. Le lancement du Coffret Autoportrait d’Herménégilde Chiasson (Les Éditions Prise de parole, 2014) représente un de ces moments forts de ce festival.

Considéré par certains comme « le père de la modernité acadienne » cet auteur de grand renom a effectué son lancement au sein même d’une librairie indépendante, une institution en Acadie, La Grande Ourse qui fête ses vingt-cinq ans.

Le sort des librairies indépendantes

Robert Melanson, copropriétaire de La Grande Ourse, a profité de l’occasion pour discourir sur le sort des librairies indépendantes au Canada, au Nouveau-Brunswick et au Québec. 

Vitrine de La Librairie La Grande Ourse à Moncton. Photo CFVitrine de La Librairie La Grande Ourse à Moncton. Photo CF

« La Grande Ourse demeure la plus vieille librairie indépendante en Acadie [à peine] six mois de plus vieux que la librairie Pélagie » expliquait-il. Il a souligné l’importance des librairies indépendantes. Il ajoute, et je cite :

Au Canada anglais, il y avait 2 000 librairies indépendantes et il n’en reste plus que 500. Au Québec, la situation est un peu différente parce qu’ils ont la Loi 51 qui oblige les institutions dans les régions à acheter dans leurs librairies locales, les librairies indépendantes évidemment. Alors ça a protégé le réseau des librairies indépendantes au Québec.

Ouvrages d'Antonine Maillet. Photo CF.Ouvrages d'Antonine Maillet. Photo CF.

En Acadie on n’a pas de loi [pour protéger les librairies…] la politique du livre [au Nouveau-Brunswick] selon nous a été juste un ramassis de bonnes intentions et dans le concret ça n’a rien changé à notre existence. Au contraire [le gouvernement a mis] la politique du livre en avant, et en arrière a coupé les budgets d’acquisition dans les bibliothèques. Alors nos ventes institutionnelles ont considérablement diminué depuis les trois ans de la politique du livre. Les librairies indépendantes sont très fragiles. […]

Le livre est un instrument de survie de la langue et aussi la meilleure façon de contrer l’assimilation. Parce que quelqu’un qui sait lire et écrire en français n’est plus assimilable.

Travail de fourmis bâtisseuses

Toutes ces années, Robert Melanson les a passées avec Philippe Caetano et Annie Bourdages, cofondateurs de la librairie. Ils ont participé à plus de 1 000 expositions et à près de 300 salons du livre à travers les provinces Atlantiques afin de rendre disponible la littérature de langue française, pas seulement dans les grands centres urbains, mais dans les endroits les plus vulnérables par leurs petites tailles et les pressions de l’environnement majoritairement anglophone [d’influence combinée britannique, canadienne et américaine].

Herménégilde Chiasson

Herménégilde Chiasson est un des fondateurs du Théâtre de l’Escaouette dont j’ai traité dans un billet précédent un théâtre étroitement associé au Festival Frye et à la promotion de la littérature acadienne.

Ouvrages d'Herménégilde Chiasson. Photo CFOuvrages d'Herménégilde Chiasson. Photo CF

Plusieurs auteurs ont rendu un hommage à M. Chiasson en lisant des extraits des douze recueils qui composent le Coffret Autoportrait. Je m’excuse de n’avoir pas noté les noms. 

Il y a de ces enchevêtrements de mots et de phrases dans l’écriture de M. Chiasson qui ont la saveur délicieuse d’un fondant au chocolat ou qui vous frappent d’un direct au cœur.

 M. Chiasson a lu un de ses propres textes sous forme de performance visuelle, théâtre obligeant, lisant cet extrait d’un journal censuré y compris les longs silences dus aux mots, phrases ou paragraphes oblitérés. Il a montré la parole, même silencieuse, aux silences imposés.

Coffret Autoportrait d'Herménégilde Chiasson. Photo CF.Coffret Autoportrait d'Herménégilde Chiasson. Photo CF.Le Coffret Autoportrait comporte douze recueils qui ont été produits en douze mois et le Coffret forme un acrostiche puisque chaque recueil est titré d’une lettre du prénom de l’auteur : Histoires, Espaces, Refrains, Mots, Énigmes, Nostalgies, Émotions, Gestes, Identités, Lectures, Découpages, Excuses.

Ce découpage lui permet d’explorer diverses formes afin de donner aux lecteurs et lectrices le pouls du travail d’écriture et de divers moyens d’y participer.

Que de chemin parcouru depuis son premier ouvrage en collaboration avec Jacques Savoie et Gilles Savoie L’Antilivre  (Éditions de l’étoile maganée, 1972) et son premier recueil Mourir à Scoudouc (Éditions d’Acadie, 1974)!

Viola Léger

Me souvenant à quel point il avait été accueillant, j’ai commis l’erreur de mentionner à Herménégilde la fois où nous sommes allés manger chez lui, lui et moi un midi, il y a bien longtemps de ça, pour discuter d’un emploi pour moi au Théâtre l’Escaouette. Quelle naïveté de ma part!

Comment pourrait-il se souvenir de cet accident de parcours ou s’intéresser à un événement si mineur? Mon petit moment d’avoir frôlé un personnage littéraire, tout comme lorsque le jeune Maurice Leblanc (éventuel auteur d’Arsène Lupin) a voyagé inutilement en train dans le même compartiment que Goncourt, Zola, Maupassant et Mirabeau (« Un début littéraire » dans l’édition complète d’Arsène Lupin, Tome 2, Laffont, 1986, pp. 1041-1046).

Lancement à La Grande Ourse. Photo CF.Lancement à La Grande Ourse. Photo CF.À ce lancement, j’ai pourtant fait la rencontre d’une de mes idoles d’adolescence : Viola Léger (prononcé légère), aujourd’hui octogénaire, que j’ai découvert à la télévision de Radio-Canada dans sa brillante performance de La Sagouine d’Antonine Maillet.

C’était l’année où ma famille est déménagée de Montréal à l’Acadie, où ma mère est retournée vivre dans son pays ancestral, et où pour la première fois j’ai pris conscience de ce qu’était vivre en français dans un milieu majoritairement anglophone.

Mme Léger, qui semblait heureuse que l’on s’occupe d’elle avec le plus grand soin, m’a conté adorablement une anecdote de son enfance. Elle avait gagné un livre, un beau livre rouge.

Chez elle, il n’y avait pas de livres, car ils étaient financièrement pauvres. Mais savoir lire et écrire était important dans sa famille. Elle faisait d’excellents efforts à l’école ce qui lui avait valu ce prix d’un livre.

Elle se souvient très bien de ce livre, regardant au loin, pointant vers le plafond, car le livre était toujours juché au faite de l’armoire, inaccessible. Ce beau livre rouge avec ses caractères dorés, livre qu’elle n’a jamais lu.

 

Claude Filimenti
Directeur général
Association pour la création littéraire chez les jeunes

votresite.ca : Tout pour faire un site à succès.

Partagez

Ancien logo de L'Association pour la création littéraire chez les jeunes (ACLJ).Ancien logo de L'Association pour la création littéraire chez les jeunes (ACLJ).

© 2015. Association pour la création littéraire chez les jeunes. Tous droits réservés.

Flag Counter

Visiteurs uniques

Politique d'utilisation des cookies

Ce site utilise des cookies pour stocker des informations sur votre ordinateur.

Acceptez-vous l'utilisation des cookies ?