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Festival Frye — Poésie autochtone et engagée + Entretien littéraire

Posté le 24/05/2015

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Kuei! Tan eshpanin?

Ce qui veut dire : « Bonjour! Comment ça va? » en langue innue.


Natasha Kanapé Fontaine lors de Poésie autochtone et engagée. Photo CF.Natasha Kanapé Fontaine lors de Poésie autochtone et engagée. Photo CF.Le premier événement se passait au Centre culturel Aberdeen au sein duquel se sont déroulé nombreux événement du Festival Frye.
Pour être conséquent avec nos projets écologiques effectuant la promotion du développement durable ainsi que de notre Festival francophone de la poésie des jeunes, je ne pouvais pas manquer ces deux événements. Et je suis heureux d’avoir eu l’occasion d’y rencontrer la poétesse innue Natasha Kanapé Fontaine dont j’ai brièvement parlé lors d’un billet précédent.


Adorable Chocolat à Shédiac. Photo CF.Adorable Chocolat à Shédiac. Photo CF.Pour sa part, l’entretien littéraire s’est déroulé au sein d’un café-pâtisserie Adorable chocolat situé à Shédiac; établissement fondé et tenu par Frédéric Desclos, Maître Pâtissier Chocolatier de France, et son épouse Fabienne, Bretons d’origine.

Et quel bon choix pour les amoureux de café et de chocolat! Il n’y manquait que Juliette Binoche et Johnny Depp pour en faire un lieu cinématographique.

Menu Adorable Chocolat. Photo CF.Menu Adorable Chocolat. Photo CF.Ce deuxième événement était organisé par la Société culturelle Sud-Acadie avec laquelle j'espère développer des relations pour notre ACLJ.

Cet organisme soutien « le développement et la création artistique sur le territoire du littoral du Sud-est de la province, de Shédiac à Cap Pelé Par ses interventions, la Société culturelle veut éveiller et renforcer le sentiment de fierté française et d’appartenance à la communauté acadienne et développer des partenariats avec des organismes intéressés au développement culturel. La Société se dédie en plus depuis 2007, à se concerter pour élaborer les stratégies nécessaires à l’intégration des arts et de la culture dans nos communautés » comme nous l'indique leur site.

 

Natasha Kanapé Fontaine

Natasha Kanapé Fontaine parle avec les mots et avec les mains. Photo CF.Natasha Kanapé Fontaine parle avec les mots et avec les mains. Photo CF.

Poète militante écologiste, peintre et comédienne, Mme Fontaine tisse un discours moderne sur fond ancestral. Finaliste du Prix Émile-Nelligan pour son recueil Manifeste Assi (Mémoire d’encrier, 2014), un recueil qui offre une prise de conscience identitaire par le biais de sa relation avec sa mère (Assi). Une mère à la fois humaine et terrestre. Je la cite :

Nous sommes enfants de la terre amérique insulaire
l’Esprit Grand nous couvre de pétales d’acacias
et pose de son doigt du miel sur nos lèvres

Nous saurons que la vérité est autre.
Le livre des écoles ne savent pas imaginer les étoiles
Nous sommes nés sous les aurores boréales du Nord
et nous revenons en pays mien en une grande marche tellurique
en un lointain océan bleu vert et blanc
sous les bougainvilliers de la Première Île.

Car il faut bien comprendre que pour les habitants des Amériques avant le contact avec les Européens, les humains (Innus pour son peuple) vivent en synergie avec la nature, avec la terre. Contrairement aux Européens qui vivent et pensent en opposition à la nature; une nature qu’il faut dompter, assimiler, subjuguer. Je la cite à nouveau :

Il y a dix mille ans nous étions les mêmes
nous empruntions la route de l’eau
le bateau est grand pour l’amour
je ne te dis pas
et les vagues annoncent les croisières
où tu gouvernes mon corps

Natasha Kanapé Fontaine lors d'Entretien littéraire. Photo CFNatasha Kanapé Fontaine lors d'Entretien littéraire. Photo CFDans son récit, Mme Fontaine se dévoile personnellement, nous montrant tant avec ses mots qu’avec ses mains, avec la plus grande franchise, les étapes de sa propre quête identitaire. Quête qui coïncide avec ce renouveau spirituel au sein de nombreux peuples autochtones depuis quelques années.

Quête qui permet de découvrir le lien direct à la terre. Une terre blessée, une terre malade, comme son peuple suivant les abus de 500 ans de colonisation. Mais, à ce constat, ne s’arrête pas la jeune Innue. Loin de là. Il n’y a pas de misérabilisme dans sa démarche. 

Entretien littéraire à Shédiac. Photo CF.Entretien littéraire à Shédiac. Photo CF.

Natasha Kanapé Fontaine. Photo CF.Natasha Kanapé Fontaine. Photo CF.

Engagement

Cet extrait d’une lettre, sur son blogue, s’oppose à l’utilisation du terme « Pow-Wow » pour une nouvelle émission de variétés projeté par la télévision de Radio-Canada, ce qui démontre qu’il y a prise de parole militante et non-larmoiement sur un passé révolu :

Je m’oppose donc à toute utilisation de mots ou de constituants des cultures autochtones à des fins commerciales et vides de sens.
Les cultures autochtones ainsi que leurs individus doivent être désormais respectés, ainsi que valorisés.
Nous prônons la compréhension et l’égalité, moi la première, alors je vous prierai de faire de même.

Nous sommes à une époque où nous devons passer à autre chose et à entrer dans la décolonisation des consciences, et d’avoir acte de l’impact du colonialisme dans nos vies actuelles à chacun et chacune, dans nos relations de « nations à nations », comme certains osent le dire. Je préfère parler d’abord de peuples distincts, avec la richesse de leurs cultures et de leurs langues respectives.
Et vous n’avez pas fini avec le nombre de peuples et cultures autochtones qui existent, dans le présent, sur tout le territoire québécois, canadien et nord-américain.

La roue de la médecine.La roue de la médecine.Quelle fraîcheur d’entendre cette jeune personne s’affirmer! De plus, n’oublions pas qu’au sein de nombreuses Premières Nations des Amériques, les femmes sont les gardiennes des valeurs naturelles, descendantes directes de Mère Nature. Autre citation :

Nos ancêtres attendent nos voix.

Achevons le passé. Si nous sommes, soyons.
Que la parole s’élève.
Que la parole s’élève en nous. Qu’elle trouve place et résistance.
Qu’elle résiste à nous-mêmes, et ainsi elle nous élèvera. Nous transportera.
Nous transcendera. Elle nous élèvera debout tous pour mieux libérer
nos voix et nos gorges. Que la mâchoire s’ouvre, et nous ouvrirons
la voix aux autres.

La vérité marche. La parole marche, et nous nous élevons avec elle.
Nous marcherons du Nord au Sud, pour faire tourner la roue de la médecine.
Le cycle universel du cheminement des peupliers.

Nous sommes venus boire à l’Espérance du monde.

 Natasha Kanapé Fontaine et Marie-Paule B. LeBlanc. Photo CF.Natasha Kanapé Fontaine et Marie-Paule B. LeBlanc. Photo CF.

 

Il y a beaucoup à apprendre de ce regard qui nous parvient du fond des temps, de cette résonance de la terre nourricière.

 Natasha Kanapé Fontaine et Claude Filimenti. Photo anonyme.Natasha Kanapé Fontaine et Claude Filimenti. Photo anonyme.

 

 

 

 

 

 

 

Frédéric Desclos et Claude Filimenti. Photo NK Fontaine.Frédéric Desclos et Claude Filimenti. Photo NK Fontaine.Combien je regrette d'avoir égaré au Centre Aberdeen les deux recueils que je n'ai donc pas pu faire signer. 

J'espère que nous aurons l'occasion de travailler un projet de poésie autochtone dans le cadre de notre FFPJ.

 

 

Claude Filimenti

Directeur général
Association pour la création littéraire chez les jeunes

 

Marie-Paule B. LeBlanc devant Adorable Chocolat. Photo CF.Marie-Paule B. LeBlanc devant Adorable Chocolat. Photo CF.

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